Jhisco, la pieuvre

Roman de science-fiction
Les Éditions C. Rousseau, 1999, 200 pages.

Description :

À 40 ans, cinq copains de collège décident de réaliser leur rêve de jeunesse en partant faire le tour du monde sur un voilier. Au cours d'une plongée sous-marine dans les Caraïbes, ils découvrent l'épave d'un navire de guerre allemand dans un parfait état de conservation.

Leur étonnement va croissant, jusqu'à ce qu'ils découvrent une pieuvre capable de communiquer, d'abord par écrit, ensuite par télépathie. Qui est-elle, d'où vient-elle, cette pieuvre? Comment y expliquer sa présence et ses capacités renversantes?

Aventuriers et adolescents de tout âge, la réponse est dans ce roman, à travers les péripéties d'une aventure, à la fois humaine et fantastique, où les imprévues se succèdent et vous tiendront en haleine jusqu'à la fin. Bonne lecture à tous et toutes!

Quatrième de couverture


Extrait :

(L'action se passe au moment où la pieuvre a revêtu le scaphandre qui lui permettra de sortir de l'eau pour vivre parmi les êtres humains; elle doit apprendre les rudiments de la marche sur deux pieds, debout.)


À ces mots, les deux compères se jetèrent un coup d'oeil complice et passèrent à l'action. Ils lui prirent chacun un "bras "et l'extirpèrent du bassin. Debout sur le sol, Jhisco, dans son costume, ressemblait à un homme ivre. Il ne tenait pas debout tout seul. Il lui fallait apprendre à faire jouer ses membres pour conserver son équilibre sur deux jambes. Sensation tout à fait nouvelle pour lui, qui jusque-là, s'était laissé porter par son milieu ambiant.

Sur ces entrefaites, Jos fit irruption dans le laboratoire. Il surprit les efforts désespérés de Jhisco, pour se tenir debout en se cramponnant à ses deux aides improvisés.

- Tu aurais dû m'attendre, lui reprocha Jos, je me promettais d'être là pour tes premiers pas dans notre monde...

- Eh bien, tu y es, rétorqua Jhisco, et crois-moi, ce n'est pas une sinécure.

- Très bien, dit Jos, mais tu devrais d'abord essayer à quatre pattes. C'est comme ça que nous avons tous commencé et, selon toute apparence, tu devras passer par là toi aussi, à ce que je vois.

- Bonne idée, fit Jhisco, lâchez-moi, les gars.

Trop heureux de pouvoir se débarrasser enfin de ce fardeau, les deux compères lâchèrent Jhisco. Il s'écrasa par terre dans un bruit flasque qui déclencha des rires nerveux dans l'assistance.

Pendant les trente secondes suivantes, Jhisco ne bougea pas un membre; pas la moindre petite réaction, ni aucune communication télépathique. L'inquiétude allait atteindre son paroxysme chez les spectateurs de la chute quand soudain ils entendirent:

- Connards, fallait pas me laisser choir comme un vulgaire sac de patates, j 'aurais pu me casser le bec...

Du coup, la tension tomba et se libéra dans un grand rire.

- Bon, assez rigoler, reprit Jhisco, que conseilles-tu en guise d'exercice, Jos?

- Si tu commençais par faire bouger tes membres un après l'autre, répondit Jos, tu pourrais ainsi te familiariser avec leur mouvement.

Sous le regard amusé de Roger et de Bill, Jhisco entreprit l'apprentissage de ce curieux assemblage de plastique à forme humaine. Jos lui demanda de bouger tour à tour le bras droit, le bras gauche, la jambe droite, la jambe gauche, les deux bras simultanément, puis les deux jambes simultanément. Il lui fit répéter l'opération jusqu'à ce que Jhisco annonce qu'il était maintenant à l'aise pour faire ce qu'il voulait de ses membres.

Jos lui enseigna à se tourner à plat ventre, ensuite à se dresser sur quatre pattes. Quinze minutes plus tard, Jhisco arrivait à répéter l'opération sans anicroche. Il s'agissait maintenant d'acquérir l'habileté à se déplacer en gardant l'équilibre sur quatre pattes. Après quinze minutes de travail, il y arrivait assez bien pour faire le tour du labo en quadrupède, sous le regard amusé de son auditoire.

- Maintenant, dit Jos, tu dois apprendre à te maintenir assis.

Il lui fit la démonstration, comment passer de la position à quatre pattes à la position assise. Après quelques essais maladroits, Jhisco maîtrisa aussi ce mouvement. Jos lui montra comment utiliser ses bras pour maintenir son équilibre lorsqu'il marchera. Jhisco en saisit le mécanisme en un temps record et il se sentit bientôt prêt à se lever debout.

Jos lui enseigna comment se lever en se tenant à un mur. Il lui fit répéter l'exercice à plusieurs reprises, afin qu'il apprenne à coordonner les mouvements de ses jambes.

Debout, assis, couché, debout, assis, couché, debout, assis, couché...

- Ça suffit, finit par dire Jhisco, je veux marcher, maintenant.

Et flac! Jhisco s'étendit de tout son long sur le carrelage, sous le regard amusé des témoins de ses efforts. Après un moment d'immobilité au sol, Jhisco se remit à quatre pattes et tenta de se remettre debout, encore étourdi par sa chute.

- Ecoutez les gars, il est très bien le costume, mais j'en ai assez pour aujourd'hui. Remettez-moi à la flotte, j'ai besoin de repos.

Sitôt dans l'aquarium, Jhisco entreprit d'enlever le scaphandre. Sa grande fatigue l'empêcha de voir la réaction de surprise de ses assistants. Ce qu'ils virent sortir du scaphandre ne ressemblait en rien à ce qu'ils avaient vu y entrer. La pieuvre était d'un blanc laiteux à faire peur. L'inquiétude s'empara d'eux.

- On l'a peut-être épuisé à mort, dit Jos.

- Mais non, les gars, ce n'est rien qu'un peu de fatigue. Au fait, j 'ai faim, savez-vous que je n'ai rien mangé depuis trois jours?

Pages 81-83

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