Voici un court extrait du discours D'Alphonse Piché, à l'occasion du lancement de ce livre :
"Voilà : C'est du Paule Doyon en toute simplicité, à l'ombre des gens et des choses, comme ça, «sans espoir de duché et de dotation» comme dirait Rostand, l'écrivain nous donne un récit poétique d'une seule coulée, de facture moderne, sans division de chapitre, et sans titre autre que celui de la couverture : Rire fauve. Et nous voilà conquis: et nous voilà partis à la suite du cicerone qui nous invite à la recherche d'un monde dont il a perçu les gestes et les lieux; d'un monde qui touche également le cœur et l'esprit. Et c'est une profusion d'images nouvelles, inattendues, qui vous heurtent parfois pour le bon motif, et qui vous ensorcellent de la première à la dernière page. (…) Rire fauve n'est pas un texte compensatoire, et encore moins un réquisitoire féministe. On y décèle plutôt une sorte de pressoir poétique qui extrait de la vie simple, banale, journalière, une essence dont on ne soupçonnait ni la présence ni la qualité."
"Appuyée aux épaules de l'hiver, lasse comme une bûche je fabrique des phrases avec de la colle et du safran. Couverte de ronces, comme une petite chatte de quatre-vingt-dix ans je lâche d'un trait, sans me reprendre, des saletés et des roublardises.
Visage de fer, de pierre, brise au-dessus de mes trois ailes. Je me vide de toute-puissance, avec une pointe d'envie qui dépasse de mon manteau. Je lis l'invisible derrière la muraille où toutes les courses se brisent. Jamais plus je ne balaierai les plages vernies des planchers de bois où roulaient les enfants comme des poussières."
page 27
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