La belle histoire de la vie

Écoute !

Écoute les bruits de la vie...Entends-tu le grillon dans les herbes ? et les feuilles du peuplier qui bruissent ? ... Écoute encore !

Qu'entends-tu ?

Partout la vie parle.

Regarde !

Regarde tout remue. Les feuilles dans les arbres. Les herbes se courbent sous le vent. Et les oiseaux glissent au-dessus de ta tête.

Regarde encore !

Que vois-tu ?

Partout la vie bouge.

La terre est pleine de vie. Il y a des bruits et des mouvements. Il y a des grésillements d'insectes et des chants d'oiseaux. Il y a des fleurs qui poussent et des arbres qui balancent leurs feuilles brillantes au-dessus de nos têtes. Il y a des insectes. Il y a des oiseaux. Il y a des poissons. Il y a des animaux de toutes les espèces. Mais surtout, surtout, il y a toi. Toi qui remue, marche, court, parle, rit. Notre planète est le lieu de la vie, maintenant.

II n'en a pas toujours été ainsi.

Il y a très longtemps, bien avant que tu sois né, que tes parents et tes grands-parents le soient. Bien avant tous les hommes sur la terre. Bien avant tous les animaux : les oiseaux, les insectes, les poissons. Bien avant les arbres. Il n'y avait rien sur la terre. Rien qui remue. Rien qui fasse du bruit. Tout était silencieux sur la planète. Et la vie n'avait pas encore commencé à exister. En ce temps - là il n'y avait aucun mouvement. Pas d'oreilles pour écouter. Pas d'yeux pour regarder. Rien qu'une terre vide à animer.

Tout à coup, tout au fond, bien au fond de l'océan quelque chose remua. C'était un tout petit mouvement de rien du tout qui fut suivi par d'autres plus perceptibles. C'était la vie qui, timidement, faisait son apparition dans la mer.

Il y eut l’amibe. Un petit être unicellulaire qui se divisait soudainement en deux parties, devenait : deux. Se divisait encore, devenait : quatre. Puis, huit, seize et rapidement des milliers de petits être vivants!

Ensuite ces petits êtres s'adaptèrent à leur milieu. S'inventèrent des organes plus compliqués pour profiter mieux de tout ce qu'il y aurait à goûter sur la terre. Ils s'inventèrent des pattes, des queues, devinrent des reptiles, des poissons, - des mammifères qui sortirent de l'eau pour marcher un peu sur le sol ferme. Il y en eut même qui s'inventèrent des ailes et devinrent des oiseaux pour voler dans le ciel. Parce que la vie qui était en eux connaissait tous les secrets de la construction des êtres. La vie désirait se construire des formes qui lui permettraient de se promener partout à la grandeur de la planète. La vie voulait toujours marcher mieux, voir mieux, pouvoir agir mieux et prendre enfin conscience de sa propre existence sur la terre. Et pour cela, la vie fit: L'homme.

L'amibe, elle, était un animal très simple. Aussi, pour perpétuer la vie qui était en elle, il lui suffisait de se diviser en deux parties. Il y avait une amibe. Et l'instant d'après deux amibes.

Mais le reptile déjà était un animal plus compliqué. Aussi la vie devait-elle, pour se reproduire en reptile, recourir à la mémoire de deux reptiles : un mâle et une femelle. Chacun d'eux portait dans son corps une moitié seulement du schéma, secret et microscopique, de leur construction. Les deux animaux, en s'unissant, reconstituaient le secret entier de leur forme, - que la femelle rejetait hors de son corps en boules d’œufs. Ces œufs se développeraient ensuite tout seul, parce que la vie habitait chacun d'eux pour créer de nouveaux reptiles identiques aux deux premiers.

La vie continua d'évoluer. Elle se créait une forme. Se regardait un moment. Puis, inscrivait en elle les améliorations qu'elle souhaitait s'apporter. Afin de les retrouver dans sa prochaine création. C'est ainsi que, d'amélioration en amélioration, la vie arriva à créer : l’homme.

Les toutes premières formes dont la vie se revêtit furent les plantes.
Et la vie les habite toujours. Parce qu'à mesure qu'elle s'invente de nouvelles formes, elle n'abandonne pas pour autant les premières. La vie est immense et elle s'étend toujours davantage. Plus il y a de formes, plus il y a de vie. Et plus les formes sont compliquées, plus la vie a conscience d'exister. Et plus son mouvement est dirigé par elle. La reproduction de ses formes exige alors d'elle plus de soin.

Ainsi les plantes, qui sont des formes primitives de la vie, se reproduisent facilement et sans grande conscience de leur reproduction. Parfois c'est le vent qui se charge de porter leurs graines au loin. D'autre fois ce sont les insectes qui, en butinant les fleurs, se trouvent en changeant de fleurs à porter la semence de l'une à l'autre. Ils assurent ainsi la continuité de vie aux végétaux.

Mais les insectes, eux - mêmes, comme les reptiles, pondent des œufs. Dans chaque œuf il y a écrit le modèle exact de l'insecte qui l'a pondu. Et l'œuf est capable tout seul, parce qu'il enferme un germe programmé de vie, d'éclore en l'insecte particulier à ce code.

Avec l'oiseau, la vie commence à s'exprimer un peu plus. Au printemps c'est en chantant que les oiseaux mâles sillonnent le ciel pour découvrir la femelle -oiseau  avec laquelle ils construiront le nid où seront déposés les œufs destinés à éclore en petits oiseaux. Quand les oiseaux du printemps piaillent gaiement dans le ciel, c'est la vie qui chante, - joyeuse. La vie qui sent qu'elle va se propager, - qu 'elle va de nouveau naître. La vie est toujours un bruit joyeux.

Les mammifères eux aussi doivent s'unir : mâles et femelles. Mais la femelle garde dans son corps l'œuf fécondé. L'œuf dans lequel est écrit en chromosomes et en gênes le modèle de l'animal à former. Quand la vie se construit ainsi au-dedans du ventre de la femelle d'une espèce, elle suit méthodiquement le code des chromosomes, - et prend un peu plus son temps. Elle commence à se penser un peu plus à mesure qu'elle se forme. Quand elle naît, quand elle sort de l'animal adulte pour devenir un petit animal nouveau, la vie de la mère, qui a donné naissance à cette nouvelle vie, se reconnaît et prend bien soin d'elle dans ce petit animal où elle se sent encore bien frêle. La vie commence à se reconnaître. Les mammifères prennent bien soin de leurs petits parce qu'il y a en eux la même vie. C'est comme si la vie prenait soin d'elle-même.

Mais la vie ne voulait pas s'arrêter et demeurer pour toujours stationnée dans les plantes, les poissons, les oiseaux ou les mammifères. Elle désirait s'étendre encore dans des formes plus flexibles. Lentement elle avait commencé à élaborer des plans, d'abord très primaires, puis de plus en plus compliqués : de cerveaux. Des cerveaux qui pourraient lui permettre, non seulement de bouger, mais aussi de penser. Afin de pouvoir agir sur toutes les autres formes d'elle-même, - qu'elle continuait toujours d'habiter. Et la vie inventa, pour ces cerveaux plus perfectionnés, la forme de l'homme : Toi.

La vie se personnalisait dans l'être humain. Elle se séparait du Tout pour devenir une partie pensante. Une partie qui pouvait se connaître, agir d'une façon personnelle, avoir des sentiments, des pensées, des émotions, - et pouvoir aimer. Désormais, quand la vie se perpétuerait sous cette nouvelle forme pensante, qui est l'homme, - elle le ferait avec amour. La vie se recréerait parce qu'elle aimait.

Tu es cette forme. Garçon ou fille. Mais individu. Où la vie habite. Où la vie aime habiter. Toi qui regarde, écoute, rit, pense, tu es la vie qui se regarde, s'écoute, se pense et est heureuse d'être. Et la vie continue en toi de vouloir se perpétuer. Ta vie cherche l'autre partie d'elle-même pour l'aimer et créer un autre être à habiter encore.

Quand l'homme devient adulte, la vie qui est en lui cherche à se perpétuer. Mais cette vie a maintenant des sentiments, des émotions, des goûts. Pour se perpétuer, cette fois la vie choisit soigneusement l'autre part d'elle-même qu'elle préfère. C'est ainsi qu'un homme particulier aime une femme particulière et qu'ils en viennent à souhaiter demeurer ensemble et créer une autre vie : un enfant. Un enfant qui sera leurs deux vies unies, - avec quelque chose de plus qui devient un autre être.

Les plantes, les insectes, les oiseaux, tous les animaux se reproduisent et perpétuent la vie sans connaître qu'ils le font. Seul l'homme et la femme savent qu'ils vont avoir un enfant.

Quand le petit oiseau ou tout autre animal naît, il apprend en très peu de temps à voler ou à marcher. Son instinct lui fait connaître presque immédiatement tout ce qu'il a besoin de savoir pour survivre. Le petit oiseau n'a pas besoin que sa mère lui enseigne à construire un nid. Instinctivement il le sait. De même que le chaton sait comment attraper une souris. Aussi les animaux n'ont pas besoin longtemps de l'aide de leurs parents. Tout ce qui devait leur être transmis l'a été avant leur naissance et est inscrit dans leurs gènes. Ils n'ont pas comme toi de conscience individuelle. C'est pourquoi ils connaissent en naissant tout ce que leur race doit connaître.

Il n'en est pas de même pour le petit de l'homme.

L'homme est le seul être, présentement sur la terre, qui est conscient de sa reproduction. La forme de l'homme est la dernière des formes inventées par la vie. C'est la forme la plus perfectionnée, jusqu'à ce jour. À cause du cerveau élaboré qui permet à la vie de poursuivre encore son évolution dans la forme terminée. L'enfant de l'homme apprend toute sa vie. Tout ce que les hommes ont découvert depuis qu'ils existent doit lui être enseigné. Sinon, il ne le sait pas. Si on n'enseignait pas à l'homme à construire sa maison, il ne saurait pas le faire, lui, instinctivement comme l'oiseau fait son nid.

C'est pourquoi le petit de l'homme a longtemps besoin de ses parents.

Et parce que la vie savait que le petit de l'homme aurait, pour apprendre tout ce qu'il aurait à apprendre, longtemps besoin de ses parents, elle a développé chez cette forme dernière d'être : l'amour.

L'homme est donc la seule, de toutes les formes construites par la vie, à avoir découvert la façon dont il se reproduit. La façon dont il permet à la vie de continuer à être, - et de prendre de plus en plus conscience d'elle-même.

Tu sais qu'il y a des hommes et des femmes. Que les constitutions de leur corps sont différentes. La femme adulte a des seins pour nourrir le bébé qui ne peut pas manger en venant au monde mais doit boire le lait de sa mère pendant un temps. L'intérieur du corps de la femme est différent aussi de celui de l'homme. Dans son ventre la femme a deux petites boules, grosses comme des pruneaux, qu'elle appelle : "ovaires". De ces deux ovaires partent deux trompes, dites de Fallope, qui descendent vers l'utérus qui devient lui, quand la femme est enceinte, l'habitacle du futur bébé. Cet utérus débouche sur le vagin par lequel entre le sperme du mâle, - semence qui peut déclencher la fécondation.

À chaque mois, l'un ou l'autre des deux ovaires de la femme libère un microscopique œuf, appelé "ovule". Il descend par l'une ou l'autre des trompes de Fallope jusqu'à l'utérus. Si en chemin il rencontre un spermatozoïde - sorte de cellule contenue par milliers dans le sperme du mâle- la fécondation a lieu. Car l'ovule et le spermatozoïde contiennent chacun la moitié du secret de la construction d'un être humain. En s'unissant ils vont faire naître une nouvelle vie. Si le petit ovule de la femme ne rencontre pas de spermatozoïde sur son chemin vers l'utérus, il va se décomposer. Et tout le stock emmagasiné prudemment pas l'utérus, au cas où il aurait eu besoin de nourrir un bébé, va s'écouler par le vagin de la femme sous forme de flux sanguin que la femme nomme : ses menstruations.

Les organes de reproduction du corps de l'homme sont presque tous, contrairement à ceux de la femme, à l'extérieur de son corps. Il y a la verge ou pénis qui sert à déposer le sperme dans le vagin de la femme. De chaque côté de cet organe, on voit les testicules, ces deux petites boules qui sont comme des petites usines à produire les spermatozoïdes.

La vie s'est montrée très sage de repartir ainsi - chez ses formes les plus compliquées de vie - dans deux êtres différents les organes de reproduction de sa vie la plus précieuse. Parce qu'ainsi, deux êtres sont impliqués très intimement pour la survie du nouvel individu, qui aura besoin d'une longue protection. L'homme et la femme sont donc les seuls, de toutes les formes de vie, à connaître qu'ils sont capables de transmettre eux-mêmes la vie.

Quand l'homme et la femme sont adultes, la vie particulière qui est en eux commence à manifester son désir de se propager dans d'autres êtres semblables à ceux qu'elle anime dans le moment. L'homme regarde alentour de lui. Il découvre. Il accumule la connaissance dans son cerveau et il peut réfléchir sur cette essence vivante qu'est la vie en lui. Il aime cette essence qui le fait vivant. Et la vie, individualisée en lui, est capable de découvrir d'autres portions d'elle-même individualisées en d'autres. De là naissent des sentiments qu'on appelle "amitiés", - quand ces sentiments se limitent à apprécier seulement la compagnie plaisante des autres, à s'aider, à s'amuser, à parler et à échanger diverses connaissances.

Mais quand l'homme et la femme - dont les corps sont construits si différemment - bien que leurs sentiments et leurs intelligences soient semblables, reconnaissent en chacun d'eux ces différences de constitution et ressentent l'un envers l'autre une grande attirance de corps, en même temps que de sentiments. Alors naît une nouvelle émotion qu'on appelle : amour.

L'amour est la plus haute émotion que la vie puisse ressentir.

Quand deux formes de vie, homme et femme, éprouvent ce sentiment,  en même temps que le désir de créer une nouvelle vie. Alors ils peuvent s'unir physiquement l'un à l'autre. Ce qui produit l'extase. L'extase qui est l'aboutissement de l'amour physique. La joie qu'éprouve la vie de se propager. Et, si alors un spermatozoïde arrive en contact avec l'ovule de la femme, immédiatement sera créé, microscopiquement, le modèle complet du futur individu à naître. Il ne reste plus à la vie qu'à porter vers l'utérus ce code secret. Et là, dans le ventre de la femme, cette cellule aussi simple que l'amibe, passera par toutes les phases de l'évolution des formes. La vie récapitulant, pour ainsi dire, toute sa création avant d'arriver à son dernier modèle, le plus perfectionné de la nature: un bébé humain, le futur homme.

En créant la forme de l'homme, il semble que la vie a atteint un des buts qu'elle s'était fixés. Qu'elle a inventé une forme assez parfaite pour lui permettre de continuer une autre sorte d'évolution : une action d'elle-même sur le reste de sa création.

Quand le bébé - homme vient au monde, il a besoin pendant longtemps des soins attentifs de ses parents. Il est plus fragile que le petit animal. Il ne peut absolument pas survivre seul. C'est pourquoi il a besoin d'un père et d'une mère. C'est pourquoi la famille existe. Il lui faut apprendre à se nourrir, à marcher, à parler. Il ne saurait apprendre tout cela tout seul.

Une fois que le bébé - homme est né, la vie en lui n'arrête pas son évolution comme elle le fait chez l'animal. La vie continue d'évoluer en lui. La vie peut, grâce au cerveau développé de l'enfant, agir avec intelligence et conscience. Elle se développe, à mesure que l'enfant grandit, une personnalité et une conscience particulière. Et c'est cette conscience que tu as de ta propre vie, de ton identité, qui te fait différent de l'animal qui vit lui aussi, - mais ne sait pas qu'il vit.

A la différence de la plante, de l'insecte, de tous les animaux, l'homme connaît qu'il a la vie en lui. De plus, il peut augmenter cette conscience qu'il a de lui-même tout au long de son existence. L'homme n'a jamais fini d'apprendre, de découvrir, de construire. Il semble que la vie, après son expérience des meilleures formes pour l'enfermer, en est à un nouveau stade de son évolution : la formation de personnalités qui sont : chacun de nous. Tu es une de ces personnalités. Et, ce plus, qu'il y a en toi, ce plus qui se connaît, qui réfléchit, qui regarde, qui aime, qui rit, qui construit, qui apprend, qui découvre, qui cherche qui il est... est-ce que ce pourrait être ton âme ? cette toute dernière création de la vie. Ton âme née du cerveau d'un corps perfectionné.

Écoute ! écoute au plus profond de toi. Peut-être l'entendras-tu ?

L'histoire de sa naissance est la plus belle histoire du monde. Notre planète est le lieu de ton âme maintenant. 

 



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