Description:
Assurément un livre dart: des illustrations
de Pierre Pratt, une mise en pages de Jean Caccia, moyen format
carré, papier recyclé artisanal, etc. «Quand les mots, belles
et étranges sonorités, deviennent des objets de cérémonie, le
livre apparaît / disparaît dans la savane comme un fétiche.
Pour retrouver la langue en nous perdue.» Un livre luxueux,
magnifique et illustré avec beaucoup de perspicacité.
Loeuvre de Joël Des Rosiers, à mi-chemin entre
lîle natale et la haute culture urbaine, témoigne
dune grande cohérence thématique et formelle. Savanes,
publié en 1993, signifie dans la langue des Tainos les
«premiers habitants dHaïti» et se trouve le plus
accessible, le plus émouvant des trois recueils parus de Joël
Des Rosiers (Joëlle Vitiello, Lettres québécoises, no
72, hiv.93). On y trouve «...une esthétique de la luxuriance,
que lon associera spontanément au stéréotype des
couleurs, parfums et saveurs des Caraïbes. Certes, il joue aussi
avec la tradition dune parole à la fois épique et
ritualisée, qui hyperbolise le sacré et lérotisme.»
(Lucie Bourassa, Spirale, fév. 94). À nouveau et sans
redondance avec Tribu, on colle à lauteur
lépithète de modèle pour notre société contemporaine:
«La génération des jeunes auteurs haïtiens, comme Joël Des
Rosiers, ici, va forcément au-delà dun nationalisme
étroit et fait éclater toutes les frontières» (Maximilien
Laroche, signé Marie-Anna Murat, Le Devoir, 7 mars 93).
Avec ses deux cycles épiques et romanesques, «Lorigine du
monde» et «Mémoire de la peau», le recueil englobe le style
paradoxal de lauteur où «lodieux hante la
célébration» (François Dumont,Voix et images, hiv.94).
«MÉMOIRE DE LA PEAU
Au seuil du monde nous sommes emmenés
qui savance dans la savane savancera
seul
au lieu où rien nest nommable
du monde nous sommes coupés
souffle salive cadence
très intérieurs les mots palpent
lécart
le poème rendu à ses traces
lamnésie erre
comme la peau sur des muscles
quelque chose manque»
p. 85
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