Parc univers

Roman
Grand prix littéraire 2000 de la Ville de Sherbrooke
Nomination au prix Ringuet 1999 de l'Académie des lettres du Québec
Publié par les éditions XYZ, coll. « Romanichels » Montréal, 1998

Description :

Le parc rend précaire la continuité du monde. L'infirme Florence est déjà là, assise dans sa chaise de métal noir. À côté, son infirmière Marguerite. Derrière elles, l'écrivain remarque Céleste pour la première fois, italienne sans doute à cause de son chapeau, poussant devant elle un « caddie » d'épicerie plein de déchets. Parfois Hermès traverse l'ombre des arbres en racontant des histoires insensées. Il est porté par la magie de ses pas sur l'herbe. Il flotte. Marques de rosée entre les orteils, singulières traces de pas mous à cause de l'humidité du jour. Il lance de petits cris annonciateurs. Il sont déjà quatre, indissociable société d'exclus... Marguerite et Armand-le-maigre, grand échalas tout sec... Florence et son Poincaré qui dégouline de sueur... Dans la cour de l'école, des cris montent en même temps que retentissent des coups de tonnerre.

Extrait :

« Le jour où tout commença de mal aller, il fit un temps de punaise ! Quelques olibrius continuaient à courir malgré la pluie, une dame tirait son petit chariot rempli de victuailles, ça dégoulinait de partout.
Mais l'homme gros posté à la grille de l'école n'en était que plus heureux, protégé par le rideau d'eau, par ces trombes qui raclaient le sol emportées par les rafales du nord. Il toussait depuis la veille, mais cherchait à retenir son souffle le plus possible pour ne pas être aperçu. Et son attente était heureuse, invisible sous la douche de pluie qui le protégerait.
Quant il entendit la cloche retentir dans les couloirs, Florence l'examinait. Marguerite l'avait installée sous la tonnelle et Florence n'avait rien d'autre à faire de sa journée que de reluquer les allées et venues de tout un chacun. »
Critiques :

« Parc univers est un tour de force qui consiste, bien au delà de la mise en abyme [...] à donner à des personnages qui n'ont plus rien ce bagage immense et inaliénable qui vient de leur ancienne appartenance à une société et à une culture. [...] Il en est de Parc univers comme des autres romans de M. Corriveau, qui sont servis par un heureux dosage de style, de culture et de sensualité et qui tendent à marquer une distance par rapport aux formes traditionnelles du roman. »(Réginald Martel, « L'écrivain de l'île, celui du parc », La Presse, dimanche 15 novembre 1998, p. B 4)
« Les récits de Hugues Corriveau, s'ils racontent des histoires, sont d'abord de petits univers, des climats instillés par des personnages, des objets, des lieux. Entre eux s'établissent de mystérieux échanges, des alchimies diverses dont l'écriture tente de trouver les lois. [...] Il semble qu'il ait découvert malgré lui la clé de ce monde étrange : ces adultes difformes, tous un peu fous, ont été des enfants blessés. Personne ne peut plus rien pour eux. Cette '' découverte '' accablante, Hugues Corriveau a su la rendre dans une écriture d'un expressionnisme saisissant. » (Robert Chartrand, « Tant de misères depuis l'enfance... : Le parc Lafontaine est devenu une cour des miracles », Le Devoir, les samedi et dimanche 10 janvier 1999, p. D 3.)

Retour à la notice biographique de Hugues Corriveau
Oeuvres de Hugues Corriveau