Poésie
Prix Alain-Granbois de l'Académie des lettres du Québec 1999
Nominations au prix du Gouverneur général du Canada et Alfred-DesRochers
Publié par les éditions du Noroît, Montréal, 1998Description :
Penser le frère absent, en allé au-delà du présent... penser la famille tout autour, et l'enfance, et la mère, et la grand-mère, et les filles du frère... penser aux dons du frère parti, surtout celui de la première littérature, de la vie des livres, voilà ce que ce recueil donne à lire, à traverser. Livre d'amour, livre qui retrace la douleur d'avoir aimé et d'avoir été aimé. Poésie en prose qui fouille autrement, mais dans le même sens, ce que le précédent recueil de l'auteur, à savoir L'enfance, tentait d'approcher. Voici un recueil qui va sur la piste de la première parole, des premiers mots qui forment ensuite toute une vie. Extrait :
Critiques :« Jamais homme ne fut plus fou que moi qui l'aime d'amour. Cet amour-là ne se compte pas en gestes, mais en divagations dans des livres russes, dans la langue de toutes les littératures, en nuits, en océans. Pour lui, Paris demeure un rêve de chaman. S'y dessinent encore sa tête d'oiseau, son profil escarpé. La mer trop vaste pour combler l'attente des mots. Ils remplissent les gorges sèches. » « Écrire sur Le livre du frère [...] c'est vouloir tuer pour vivre ce lien si ténu dans la fatalité des familles, c'est narguer le monde et ses douleurs, c'est entendre les cartes du destin tomber une à une et se dire que la vie est un jeu de mo(r)ts. » (Anne-Marie Alonzo)
« C'est dans une langue épurée, jouant de quelques figures itératives [...] que s'échafaude un drame au-dessus duquel planent Caïn et son frère Abel. [...] Voilà un livre totalement maîtrisé, accompli tout à fait. Et qui dévoile une économie de moyens exemplaire, les traces de cette tragédie antique dans d'innocents et anodins jeux d'enfants. » (Marcel Labine)
« Nous sommes devant le livre des blessures intraduisibles, cicatrisées mais toujours traversées par les puissants symboles secrets, par la douleur à la fois discrète et théâtrale. Tout dans ce recueil sonne vrai. Je veux dire par là que son '' moment '' sémantique et métaphorique, luxueux et maîtrisé, nous émerveille et nous bouleverse à la fois. Voilà sans contredit le livre le plus achevé de Hugues Corriveau. Une poésie grave, sobre et magnifique. » (Renaud Longchamps) - (dans « Témoignages », Lettres québécoises, no 93, printemps 1999, p. 12-16.
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Oeuvres de Hugues Corriveau