Description :
| (...) Dans Angéline de Montbrun, Laure Conan avait dû créer une seconde intrigue dont la fonction consistait à tromper le lecteur. Tandis que, dans À l'uvre et à l'épreuve, le même besoin ne se fait plus sentir. Car, même si Garnier représente encore Élie Angers et surtout Pierre-Alexis Tremblay, c'est-à-dire le père et son substitut, la fiction de À l'uvre et à l'épreuve masque mieux la réalité que celle d'Angéline de Montbrun, puisque l'empêchement au mariage tire son origine du sacerdoce et non de cette filiation qui avait conféré à l'uvre toute sa morbidité. Durant les années qui ont précédé, Laure Conan, qui a subi l'influence du Père Louis Fievez et de la sur Catherine-Aurélie Caouette, a réfléchi sur son drame. Et elle s'est aperçue que Tremblay n'avait peut-être pas moins souffert qu'elle. C'est pourquoi, au lieu de raconter uniquement son aventure, elle décrit la montée spirituelle de deux êtres, en n'utilisant plus la technique de la lettre et du journal, mais celle du dialogue et de la narration. |
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D'ailleurs, en passant au roman historique, Laure Conan devait accorder une place plus importante au personnage historique principal, Charles Garnier. Autrement, l'uvre se serait trop apparentée au roman psychologique.
Gisèle Méliand, qui est orpheline de mère, nous est décrite dans le milieu de ses études, le monastère de Port-Royal-des-Champs, où la grande Angélique Arnaud a vainement tenté de la retenir. Car elle s'apprête à retourner dans le monde, n'ayant «jamais ressenti quelque attrait pour le cloître». Comme le signale l'auteur, «la liberté, le grand air, le printemps, sa propre jeunesse, tout l'enivrait». D'ailleurs, elle peut se montrer exigeante envers la vie puisque son plus grand rêve est à la veille de se réaliser; ses parents adoptifs lui destinent leur fils Charles qu'elle aime. Malheureusement, celui-ci nourrit des dessins dont elle ne pourra le détourner. Elle s'en apercevra lors d'une excursion qui se déroule dans un décor que Laure Conan utilise dans toutes ses uvres pour exprimer la culpabilité de ses héroïnes, soit celui d'une mer agitée. (...)
Introduction de Roger Le Moine
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Notice biographique de Laure Conan
Oeuvres de Laure Conan
Références sur Laure Conan