Le silence des maux

Roman,  éd. Pierre Tisseyre, coll. Conquêtes.
En collaboration avec Thérèse Matta-Claudius et un groupe d’élèves de l'école Antoine-Brossard,
Montréal 1995.
Mention spéciale de l’Office des communications sociales, Montréal 1995.

Description :

Mikaël, atteint de leucémie, vit un grave conflit avec son père, qui ne l’aide pas dans sa lutte contre la maladie, noyant plutôt son chagrin dans l’alcool. Un soir de bière et de déprime, le jeune homme fait la connaissance d’Adriana, une Roumaine qui a fui son pays et qui vit douloureusement cet arrachement. Avec son aide et celle d’Alex, son copain de toujours, Mikaël tiendra bon pendant une dure rechute. Alex et Adriana l’aident à lutter contre le désespoir. Mais, pour Mikaël, l’avenir demeure peuplé d’incertitude. Si au moins les choses pouvaient s’arranger avec son père...

Ce roman a été écrit en collaboration avec une classe mixte de cinquième secondaire.



THÈMES: la leucémie, l’adolescent face à la mort possible, les relations familiales difficiles, l’amitié, l’amour, l’exil, le mal du pays.

 

Extrait :

« Miiiipp! Miiiipp! Comme à tous les matins, mon affreux réveil en forme de ballon de football s'énerve. Je le fais taire en le projetant sur le mur. Le cri strident s'arrête. Trop brusquement d'ailleurs: mon ballon vient de rendre l'âme. Évidemment, après six mois à se faire assommer sans répliquer..., ce décès ne me surprend guère. De toute façon, tout doit finir par s'éteindre, un jour ou l'autre... Aussi bien accepter cette idée dès maintenant.
Ce sont ces funèbres pensées qui m'emmènent à m'extirper du lit. Je ne peux quand même pas passer ma journée à me morfondre sur le triste sort de mon réveille-matin et, quoi qu'il en soit, je dors toujours très mal, alors autant me lever. Je fonce vers la salle de bains. Une douche froide me rappelle l'examen annoncé par monsieur Mole, le professeur de chimie (il fait honneur à son nom, celui-là: Robert Mole, qu'il s'appelle... sans farce!). J'aurai probablemant encore droit à un sermon sur les bienfaits de l'étude... J'avoue que mes résultats scolaires chutent dangereusement, mais monsieur Mole n'aura certainement pas le privilège de me ridiculiser devant toute la classe aujourd'hui parce que, pour une fois, j'ai étudié!
Le petit déjeuner ne fait rien pour me remonter le moral. Denis, mon père, dort, écrasé dans le fauteuil du salon, les pieds dans la plante préférée de ma mère. Je prépare mon gruau sans lui prêter attention. Il n'en mérite pas un seul gramme. Je n'ai jamais compris cet homme si mystérieux, enfermé dans la muette contemplation de son être, indifférent à la souffrance d'autrui.»
Pages 7-8

Notice biographique de Marie-Andrée Clermont
Oeuvres de Marie-Andrée Clermont
Références sur Marie-Andrée Clermont