COMMENTAIRES SUR LES OEUVRES DE LISA CARDUCCI
Extrait de la préface de Liu Zhan Qiu, poète chinois, à Sous le vent est-ouest:
«... ses modes d'expression, ses formules linguistiques particulières font renaître chez moi des sensations, ravivent mon enthousiasme pour "essayer de nouvelles voies et stimulent mon imagination. ... née d'une culture multipolaire, elle a subi un certain choc ... j'admire ce je-ne-sais-quoi chez elle qui se rapproche de la culture chinoise et s'y fusionne.»
PRÉFACE DE GIOVANNI CAMPISI À STAGIONI D'AMORE
«Quand j'ai ouvert l'enveloppe contenant le manuscrit du roman de Lisa Carducci, je n'imaginais pas que de l'autre côté de l'océan aient pu me parvenir des récits si réalistes, remplis d'épisodes passionnants et vifs, narrés avec une rare maîtrise et une simplicité désarmante, typique de celui qui raconte un fait dont il a été rien de moins que protagoniste et qui connaît avec une spontanéité naturelle les émotions éprouvées, les sensations vécues, les hybrides intérieurs et extérieurs de ces événements.
Lisa Carducci, qui pour la première fois traite du thème de la réincarnation dans ses romans et nouvelles, fait un usage bien modéré de ce qu'elle connaît de ses vies précédentes, sans toutefois priver pour autant les épisodes de leur réel pouvoir de séduction à la fois ancestral et mystérieux, événements où plusieurs peuples, plusieurs lieux, plusieurs situations, plusieurs motivations composent le fond des quatre vies de Saisons d'amour, offrant ainsi des myriades d'images suggestives, souvent liées à l'inséparable quotidien et condensées en une ruche interprétative non mystique, s'enracinant dans le monde ésotérique, accomplissant un voyage introspectif qui, comme elle le dit, lui est imposé et duquel, comme sur une pellicule photographique, elle revoit une partie de ses vies antérieures, dans lesquelles sa sensuelle figure féminine alterne entre l'héroïne ingénue et l'innocente victime immolée devant le temple d'Athena.
Vaste, riche de séduisants événements survenus sur une étendue de deux mille quatre cents ans, cette oeuvre se veut une tentative d'explication de l'importance inaliénable de connaître ses vies antécédentes et par conséquent, soi-même. Avec une singulière inspiration et une attentive recherche, qui dura des années et nécessita des kilomètres et des kilomètres de voyages en divers pays, l'auteur met à nu sa propre existence atavique et récente, cherchant à comprendre au-delà des confins humains, sa raison d'être. En exposant cette thèse sur la réincarnation, l'écrivain met en relief le tourment sans fin des âmes en peine qui, comme en un cercle vicieux, consciemment ou inconsciemment, reprennent des parcours pavés de misère et de souffrance, d'incertitude et d'ignorance, d'erreurs et de répétitions. Bien qu'en de nouvelles enveloppes à chaque nouvelle vie, il semble que les âmes ici ne dépassent pas leur propre race, leurs propres compagnons d'aventure, malgré les différentes nationalités, langues, activités, situations et lieux auxquels elles accèdent. On remarque en outre l'élévation spirituelle vers laquelle convergent les âmes en attente de libération. Mais le destin de chacune d'elles est étroitement lié au reste des âmes qui constituent l'entière humanité. Minuscules grains dans le contexte sidéral, aucune ne peut se soustraire à l'évolution et par conséquent à la perfection.
Subdivisée en quatre vies, l'oeuvre reflète par sa structure, ou son ossature, un cycle annuel terrestre de quatre saisons. D'où le titre de Saisons d'amour.
La première saison se déroule en Arcadie, une région montagneuse de la Grèce, six cents ans avant Jésus-Christ. Ici, Kaire, la fille naturelle d'une femme érudite, confiée à une esclave née sous le toit familial, ne peut, étant donné sa situation sociale, vivre auprès de sa mère qui de son côté va être exilée en Sicile par le tyran de l'île de Lesbos pour avoir pris part à la vie politique.
La deuxième est implantée dans l'Italie et la France du seizième siècle. Dans la région de Campobasso vit Beatrice, fille d'un paysan veuf. Un jour la fillette se rend chez le comte Francesco di Monforte, cruel seigneur de l'endroit, et demande audience. Pendant le colloque, le despote est foudroyé par le courage et l'audace de la jeune fille. Suivent des pages émouvantes sur la découverte de l'amour.
La troisième saison a comme décor la France, la Chine et le Canada. À la fin du dix-neuvième siècle, dans un coin de France, Félicité, parce qu'orpheline, est confiée aux religieuses du couvent de la Charité-de Sainte-Élisabeth. Ce couvent sera pour l'enfant un lieu de formation jusqu'à l'adolescence. Elle n'est encore qu'une jeune femme quand elle donne son amour à un homme que, vingt-cinq ans plus tard, elle essayera désespérément de reprendre à Dieu.
La quatrième et dernière saison d'amour se passe au Canada. Letizia, une artiste peintre divorcée, devient amoureuse d'un professeur de littérature. L'homme, sous l'emprise de sa femme, rompt la promesse qu'il lui avait faite. Tout le roman converge vers cette passionnante histoire d'amour, laquelle, avec une minutie presque irréprochable, narre tout d'abord l'évolution de l'amour platonique et sensuel qui lie les deux protagonistes puis la profonde douleur farouche qui émerge dans toute son intensité dramatique de cette séparation irréversible. Douleur qui indubitablement a des origines karmiques; et la pensée de celle qui la vit se change inévitablement en un crochet acuminé qui tourne et retourne des myriades de fois chaque jour dans la profonde blessure morale de la victime.
L'oeuvre en soi est donc sous-tendue de douleur crue, de souffrance insensée, d'anéantissement moral, de conditions et de situations inhumaines. Malgré cela ne manquent pas les fraîches images de quotidienneté, de lieux et de temps révolus, de personnages historiques illustres qui confèrent au roman un fond de vérité. Ce sont justement ces images qui offrent avec une extrême simplicité une variété sans égale de couleurs et de sonorités. Incomparables, elles conduisent sous leur charme le lecteur en un long périple qui l'incite vraisemblablement et spontanément à se demander qui il est, d'où il vient, où il va.»
«Une exploration poétique et métaphysique du temps et de l'espace, un itinéraire à la fois spirituel et charnel dans l'amour et au delà. Tout est dans la manière de dire.»
Les Diplômés, Université de Montréal
«Teacher of French, painter, poet, Canadian born Lisa Carducci keeps drawing admiration for her multifaced personality. To her, "the poet is like a prism, refracting life into images", and it is only natural that both poetry and painting are two expressisons of one inspiration.»
Cyrus De Donato, Corriere Canadese (Toronto)
«L'ultima Fede (La dernière fois) se termine sur un leurre insoutenable. La jeune femme, éperdue de douleur, a basculé dans l'irréel. (... ) L'adjectif possessif, habituellement si inoffensif, ce "notre" tout discret, laisse ici un goût de cendres.»
Lucie Joubert, La Poésie au Québec
«Épineux de parler de Cris et palpitations où se déploie, comme en aplats, une poésie de l'apesanteur et de l'aperçu, une intimité toute en ajours dont l'ouverture se trame de glissements ténus nous livrant, désorientés, à un substrat sans résistance, sans aspérités.»
Nane Couzier, Le Littéraire de Laval
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notice biographique de Lisa Carducci
Oeuvres
de Lisa Carducci