MONA

Récit, tome1
Les Éditions Héritage, 1979
Les Éditions Fleuris, Paris, 1980
Traduit en anglais "Mona, A mother's story", Clarke, Irwin, Toronto, 1982
Mona, parution en feuilletons dans quatre importants quotidiens du Québec
En format de poche aux Éditions Héritage, 1982 et aux Éditions Libre Expression, 1986
Parut aux Éditions Club Québec Loisir en 1993
Maintenant disponible à prix réduit chez l'auteure au 1-819-562-3088.

Description:

Mona

Mona est une petite fille de quatre ans et demi. Enjouée, elle ne tient jamais en place; sa mère la surnomme d'ailleurs sa «Pleine de Vie». En la regardant, personne ne peut imaginer que la vie de Mona sera bientôt en péril. Et pourtant...

Ginette Bureau nous raconte ici l'histoire bouleversante de Mona, ainsi que celle de sa famille. Les parents de Mona, tout comme son frère aîné, Francis, se surpasseront afin de l'aider à vaincre la terrible maladie qui la menace: la leucémie.

L'auteure, la mère de Mona, nous invite à partager dans le premier volet de cette grande histoire d'amour l'extraordinaire leçon d'espoir que la vie lui a donnée. «J'ai appris à croire à l'incroyable, à vivre chaque jour comme un cadeau, à m'émerveiller du présent... Et la vie quotidienne s'en trouve merveilleusement transformée.»

Si l'histoire de Mona a déjà captivé des dizaines de milliers de lecteurs depuis sa parution, elle a aussi inspiré le très émouvant téléfilm Le Jardin d'Anna qui réunit les deux volets de ce récit. C'est dans Mona tome2, Je t'aime la vie, que nous retrouvons l'héroïne devenue adolescente, Une nouvelle épreuve l'attend...

Quatrième de couverture

Paroles de l'auteure:

"En 1970, alors que Mona avait quatre ans, on m'apprit qu'elle n'avait plus que quelques mois à vivre. Statistiques à l'appui, on m'interdisait d'espérer. Pour l'amour d'un enfant, j'ai cru à l'incroyable et en retour j'ai attrapé la manie du bonheur. On a vécu chaque jour comme un cadeau que l'on refusait de laisser gâcher par la peur et l'angoisse. Les mois se sont transformés en années et Mona a grandi au-delà de toute espérance. J'ai écrit son histoire pour démontrer la force de l'espoir."


Extrait:

Le matin venu -- c'est le lendemain de l'Action de grâces --, nous attendons notre tour à la salle d'urgence qui est réservée aux enfants pour toute la durée de la grève. Des petites pleurnichent et crient. Mona est beaucoup plus sage que d'habitude. Elle me parle très peu et a l'air abattue. Mais je me sens déjà moins inquiète; bientôt, on me dira ce qu'elle a et comment la soigner.
Un vieux médecin nous reçoit. Il semble épuisé devant tant d'enfants venus en consultation. Il ne pose à peu près pas de questions et commence son examen. Moi, je regarde son expression. C'est ma manière de déceler la gravité de la situation. Il n'a pas défroncé les sourcils une seule fois depuis que nous sommes entrées dans son cabinet. Il me jette un de ces regards en voyant les bleus que Mona a sur les jambes... et ce gros, là, sur les fesses. Je suis moi-même étonnée en l'apercevant. Je ne l'avais pas vu, d'autant plus que Mona veut toujours d'habiller toute seule. Elle a dû se le faire hier soir; pourtant la gardienne ne m'en a pas parlé. Je demande à Mona ce qui lui est arrivé. Le médecin à l'air de soupçonner que je la maltraite...
--Comment, madame, vous ne saviez pas qu'elle avait ce bleu?
Je bafouille quelques explications:
-- Moi aussi, je m'en fais parfois sans m'en rendre compte.
Il palpe son ventre, l'examine de la tête aux pieds. Chaque fois qu'il me regarde, j'ai l'impression qu'il va m'accuser de négligence criminelle. Ah! comme je regrette d'être sortie, hier soir.
-- Madame...
-- Oui, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que c'est?
-- Nous gardons votre fille à l'hôpital.
-- Mais il y a la grève...
J'ouvre la bouche pour en dire davantage; mais je reste probablement un bon moment sans parler parce que le médecin est déjà parti quand, enfin, j'arrive à prononcer:
-- Je croyais que ce serait comme d'habitude: on vous dit de quoi souffre votre enfant, on lui prescrit des médicaments et elle rentre à la maison, presque guérie.
Or, cette fois-ci, on ne me dit rien et je sens qu'il vaut mieux ne pas poser de questions. Pourtant, je ne veux pas rester comme ça. Je dois agir. Mais que faire?
-- Viens, Mona, nous allons téléphoner à papa.
Ils viennent déjà la chercher, si tôt. Les événements s'enchaînent beaucoup trop vite. Je n'y comprends rien et j'essaie d'expliquer à mon enfant;
-- Ils prendront bien soin de toi, ma chouette. Mamie va rester près de toi. Je viendrai te voir après le dîner avec papa.
C'est plus fort que moi, mes larmes coulent quand je la serre dans mes bras. Elle dit:
-- Pourquoi pleures-tu, mamie?
Allons! Je me dois être plus raisonnable qu'elle. Elle s'en va comme une grande, la tête droite, découvrant un nouveau monde. Elle veut tout voir dans le corridor et, moi, je reste là à la regarder s'éloigner. J'ai l'impression qu'on vient de m'arracher quelque chose.
Les gens entrent et sortent de la salle d'urgence sans s'apercevoir de ma présence. Les infrimières et les médecins affichent un sourire qui me semble automatique. Ils ont l'habitude, eux! L'atmosphère est de plus en plus irrespirable dans ce vestibule.
Dehors, il fait sombre. L'air frais me tire un peu de ma torpeur. Je marche sans trop savoir où je vais. Si au moins André était avec moi... Je suis seule et cela m'irrite. Non! j'ai trop de peine pour me fâcher. Il viendra. J'essuie mes larmes pour que les gens ne les voient pas. Pourtant, je voudrais leur dire... leur dire quoi? Leur dire:
-- Que c'est idiot, une mère, on se lamente qu'on a trop de travail avec ses petits et, dès qu'on vous les enlève, on se met à pleurer.
-- Qu'on déteste le bruit qu'ils font continuellement et q'on s'ennuie terriblement lorsqu'il n'y a plus que le silence.
-- Qu'on veut qu'ils soient grands et petits en même temps.

Pages 13 à 15


Critiques:

D'après le Petit Album des Auteurs des Cantons de l'Est publié en 1980 et selon Pierrette Roy dans "Récit vécu", La Tribune, 12 mai 1979: "( ...) ce récit , direct et franc, d'une grande simplicité dans sa structure et dans son ton, captive dès les premières lignes. On y ressent vraiment l'amour d'une femme , son désir profond de faire partager simplement, sans voyeurisme, la richesse d'une difficile expérience dont elle est sortie meurtrie mais grandie. On peut fort bien se dire, en terminant ce récit, ces choses n'arrivent qu'aux autres. Effectivement, elles ne seront peut-être pas de notre lot, mais comment ne peut-on y voir aussi un message de vie, d'amour, d'écoute et en tirer un désir enragé de vivre encore plus hardiment...? (...)"

Enfin, Jocelyn Demers, M.D., " Oui... un jour " (témoignage), post-face du roman, nous dit: " Mona n'est pas un livre... un récit. C'est une petite fille bien vivante, bien courageuse qui a su relever adéquatement un défi et qui lutte, tout comme les autres enfants leucémiques et tout comme chacun d'entre nous, pour sa propre survie.
Mona, nous t'aimons.
"

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Oeuvres de Ginette Bureau