LE SURVEILLANT
1 ère édition épuisée, Les Quinze, éditeur, 1982
2 ième édition remaniée, Leméac (Poche/Québec),1986
3 ième édition Bibliothèque québécoise, 1995
Edition cassette, Magnétothèque des Aveugles, Montréal, 1982
Traduit en anglais The Secret Voice par Matt Cohen, The
Porcupine's Quill, 1990
Ce recueil de nouvelles a reçu le prix Adrienne-Choquette
(Canada) en 1981, le prix France-Québec (France) en 1983 et fut
mis en nomination au prix du gouverneur général du Canada en
1982. Il fut choisi le livre du mois par la revue Nos Livres
(Québec) mars 1983.
Le Surveillant est la publication d'un recueil de 10
nouvelles ayant pour titre: Le Surveillant - Le
Balayeur - Atelier 96 sur les généralités - Figurez-vous
- Les cadenas - L'Exalté - Cage ouverte
- L'indication - La voix secrète - En
voiture.
Plusieurs de ces 10 nouvelles ont été lues à la radio de
Radio-Canada par des comédiens professionnels ou ont déjà
paru dans les périodiques.
Quatre de ces nouvelles ont remporté isolément des prix
littéraires: Le Surveillant, Le Balayeur, La voix secrète,
L'indication.
La nouvelle Le surveillant a déjà fait l'objet d'une
adaptation théâtrale.
Le Surveillant suscite depuis sa publication en 1982,
de fortes éloges parmi les critiques québécois et étrangers.
«Certaines des nouvelles du recueil de Brulotte sont
peut-être à compter parmi les meilleurs textes publiés au
Québec en 1982, simples, sobres, pourvus d'une sorte
d'intelligence de l'émotion originale et riche.» René
Lapierre, Liberté, avril 1983.
«Dix nouvelles qui dépeignent un même univers inquiétant
jusqu'à l'absurde, celui de l'être aveuglément soumis à la
loi et à toutes les prescriptions étrangères à son
désir...Il y a là bien sûr, inversement proportionnellle à la
soumission des personnages, une sacrée révolte chez le
narrateur, ou à tout le moins une dénonciation de l'esprit qui
renonce, pour quelque raison que ce soit, à la pleine
utilisation de sa liberté. Et malgré les apparences, ces
personnages ne sont pas si éloignés de la vie ordinaire, ils
sont simplement cohérents jusqu'au bout... Le Surveillant est un
livre à la fois drôle et grave chargé de références et
d'échos modernes, qui nous dévoile avec sobriété. à peine un
frémissement, l'envers dramatique du monde contemporain.» Noël
Audet, Le Devoir, 18 déc. 1982.
Pour sa part, Gilles Marcotte dans l'Actualité d'avril 1983
écrit: «J'ai donc le plaisir, un peu tardif, de saluer un
écrivain, un vrai, qui sait écrire et qui sait raconter, qui se
promène avec une aisance remarquable dans toutes les espèces
d'absurde qui composent notre monde....On rit parfois en lisant
Gaëtan Brulotte. Ce n'est jamais d'un rire franc, car les
situations, même les plus fantaisistes dans lesquelles il plonge
ses personnages ressemblent par trop de traits à celles que nous
vivons tous les jours pour que nous n'en éprouvions pas quelque
malaise.»
Aurélien Boivin dans Québec-Français de mars 1983
mentionne: «Le recueil de Brulotte est écrit dans une langue
impeccable qui épouse souvent la situation décrite: phrases
courtes, saccadées, style concis. Brûlotte a du talent.»
«Gaëtan Brulotte procède a des démystifications en règle
et fait éclater l'absurdité des situations et l'inconscience
des individus. Ses personnages s'agitent sottement, obéissant
les yeux fermés à des patrons, à des conventions, à des
modes, à leurs instincts.» Gilles Cossette dans Le Conte et
la nouvelle.
«Le thème principal de ces récits est l'aliénation. Dans
la nouvelle qui donne au recueil son titre, un homme est le
gardien d'un mur auquel il finit par s'identifier avant d'être
fatalement distrait par l'écriture. Dans (Cage ouverte)
un touriste ignore pourquoi il est parti dans le sud; pourtant il
y aura un singulier contraste entre une réalité navrante et des
cartes postales grandiloquentes. Dans (Les Cadenas)
nouvelle qu'on pourrait qualifier de chaplinesque Barthélémy
s'abrutit sur les 512 cadenas dont il a la charge.» André
Berthiaume dans Livres et Auteurs québécois, 1982, Presses
Université Laval, Québec, p.36-37.
«...un recueil de qualité incontestable. Il fait preuve de
tout le raffinement et de la subtilité qui caractérisent
l'oeuvre d'un écrivain doué et sérieux. Par l'intensité du
style et l'attention portée sur le langage, qualités que l'on
retrouve dans toutes les nouvelles, l'auteur amène son lecteur
à travers un mélange de charme et de lyrisme vers une
conclusion souvent déconcertante où l'humour et une délicate
ironie ont leur place. L'effet de chaque mot y est mesuré.
Chaque nouvelle contient juste ce qu'il faut pour développer la
trame et le thème du récit et pour emporter le lecteur sans
perdre de vue les exigences et la brièveté du genre. Le thème
principal qui unifie ces nouvelles est celui de la présence de
l'homme devant la loi. Cette situation peut provoquer des
conséquences ridicules ou fâcheuses lorsque la loi est poussée
à l'extrême. Où doit s'arrêter le sens du devoir et de
l'obéissance devant la loi? Qu'est-ce qui arrive lorsqu'on
manque de réflexion devant ses décrets? Voilà en gros ce
qu'examine ce recueil de nouvelles, le tout fait avec un profond
sentiment de respect pour le texte et pour son lecteur.» Cheryl
A.Demhaster de l'University of Texas, Austin, publié dans The
French Review, vol. 57, no. 5, avril 84.
