L'EMPRISE
Editions de l'Homme, 1979; club Québec/Loisirs, 1980;
Leméac (Poche/Québec), 1988;
Adaptation télévisée, Société Radio-Canada, 1980;
Adaptation cinématographique par Michel Poulette et l'auteur,
Productions Nuit Blanche, 1981.
Une première version parue en 1979 reçut le prix
Robert-Cliche, fut finaliste au prix France-Canada et
France-Québec, fut adaptée pour la télévision par
Radio-Canada en 1983 dans le cadre des Beaux-Dimanches et fut
traduite en anglais sous le titre Double Exposure.
«L'Emprise nous fait assister aux différentes étapes de
l'écriture du roman dans le roman. D'abord l'écrivain un
certain Charles Block, se met à la poursuite de son
personnage....Dans la deuxième étape le personnage devient le
double du romancier: comme lui, il écrit un roman.» commentaire
d'Aurélien Boivin dans Québec-français, octobre 1979.
Dans un article publié dans Le Soleil, du 12 mai 1977,
Louis-Guy Lemieux écrit: «C'est l'histoire d'un écrivain
fasciné par son sujet et qui s'y laisse prendre comme dans une
toile d'araignée. Il en meurt d'ailleurs à l'asile. Un
roman-thèse sur le dur métier de romancier. Une réflexion
aiguë et intelligente sur le bonheur et le danger de parler des
autres en même temps que de soi-même. Une satire en outre
tordante à certains moments des milieux psychiatriques et
particulièrement des psychiatres.»
Gaëtan Brulotte présente la relation qui existe entre ses
deux personnages comme une continuelle opposition entre la raison
et la folie...Sans pour autant faire de concession en ce qui a
trait au vocabulaire, il a privilégié les phrases courtes et
une rythmique scandée bien soutenue, en accord avec les
démarches précipitées et les poursuites qui marquent le ton du
roman.
Extraits:
«Grâce, en partie, à son entraînement quotidien et grâce
aussi au soutien hautement efficace de son téléobjectif, Block
réussit, avec le temps, à mieux filer son homme dans ses
déambulations irrationnelles à travers la ville....de jour en
jour, face au comportement erratique de l'autre, il maîtrise
davantage la situation et calcule plus efficacement ses gestes.»
p.27
«L'écrivain qui le surveillait jusque-là de loin vient de
s'apercevoir que, de son côté, le Lézard dirige lui aussi son
regard vers Block, non pas vaguement dans sa direction, mais,
sans équivoque possible, vers lui en personne, un léger murmure
agitant ses lèvres.» p.113
«Tout se passe donc comme si Block commençait à être aussi
désaxé, si l'on peut s'exprimer de cette manière, que son
personnage. Son double a, semble-t-il déteint sur lui, ou alors
sa fréquentation a tout simplement réveillé ce qui,
jusque-là, dormait au plus creux de son moi.» p.125
