Publié aux Éditions XYZ, 1998.
Collection «Documents poche»
Description:
Limentinus était chez les Romains un dieu qui veillait au seuil des portes (limen veut dire en latin seuil). Il pourrait aujourd'hui, dans le domaine livresque, être celui des liminaires et des préambules.
Ce Limentinus moderne serait aussi un nom approprié pour l'homme aux textes qu'est le critique. Limentinus connaît déjà divers rôles ici: on lui donne tantôt celui, protocolaire, d'annoncer ce qui arrive, tel l'ancien aboyeur; tantôt celui, fonctionnel, d'indiquer une direction, tel un guide; tantôt celui, plus didactique, d'expliquer ou d'introduire; tantôt celui, symbolique, de protéger ou de cautionner, voire d'inséminer (limen étant bien proche de l'hymen).
Mais ce Limentinus d'aujourd'hui pourrait aussi se livrer tout simplement au plaisir exclusif, et alors délicieusement "pervers ", du préliminaire. C'est à cette dernière activité qu'il se consacre surtout ici. Il se place à l'entrée et reste là, au bord des livres: il n'a pas d'autres fonctions que d'ouvrir et de commencer.
Peut-être verrait-on, avec un peu d'attention, son doigt discret pointer vers des directions d'ombre et de lumière, mais rien de plus.
« Par ici s'il vous plaît» , dit-il pour chaque oeuvre abordée. «Voici le pays de l'Éclairement. »
Critiques:
«J'ai toujours lu Gaëtan Brulotte avec lenteur et une certaine minutie, ce qui veut dire un maximun d'attention, car sa prose va droit à l'essence des idées et des choses; de plus, elle est mobile et l'on se doit de la suivre de très près pour s'assurer de n'en rien perdre. De là, son autorité. Elle me fait penser à ces parfaites proses critiques que, dans ma jeunesse, Robert Kemp, André Rousseau, Jean Cassou et d'autres du même calibre signaient dans Les Nouvelles littéraires, Candide, Gringoire. Quels feux d'artifice qui durent toujours dans l'esprit de ceux qui les virent paraître!
Personne n'écrit de chroniques plus substantielles et au style aussi alerte. Ce que Gaëtan Brulotte nous offre dans ce livre est là pour rester. Il a su saisir les dominantes d'un grand siècle à l'extrême mouvance intellectuelle, et en tirer, pour son lecteur, les synthèse vivantes du génie français.Clément Marchand,
de l'Académie des lettres du Québec
et de la Société royale du Canada
«La lecture est sans nul doute,avec l'amour, parmi les expériences les plus vives et les plus hautes que l'on puisse vivre», affirme Gaëtan Brulotte dans l'avant-propos des Cahiers de Limentinus. Lectures fin de siècle. (...) Gaëtan Brulotte analyse notamment le nouveau courant éthique de Christian Bobin, le culte du désespoir chez Cioran, le roman de la pensée autour de Milan Kundera, la volonté de pureté d'après Bernard-Henri Lévy et Pascal Bruckner. Puis il s'attarde à certains parcours emblématiques comme ceux de Marguerite Duras et d'Albert Camus, avant d'étudier les empreintes du Nouveau Roman, entre autres chez Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet. (...) L'ouvrage se lit très bien. Gaëtan Brulotte fait le tour de chaque auteur en quelques pages seulement. En outre, il a eu la bonne idée de placer des mots clés dans de petits créneaux, en regard du texte. Ces mots résument l'esprit des paragraphes ou des passages et mettent ainsi en valeur les différentes problématiques. Véritable «synthèse vivante du génie français» Lise Lachance, Le Soleil, Québec, janvier 1999
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Oeuvres de Gaëtan Brulotte
Références sur Gaëtan Brulotte