Les cahiers de Limentinus
Lectures de fin de siècle

Publié aux Éditions XYZ, 1998.
Collection «Documents poche»

Description: 

Défense et illustration de la littérature par un écrivain qui en lit d'autres, ce livre aimerait redonner à la lecture un statut prestigieux. Il fut un temps où l'écriture était une activité servile réservée aux scribes sans gloire, alors que les maîtres se spécialisaient dans la seule lecture. Idéalement, l'auteur voudrait réunir ces deux fonctions qui étaient jadis séparées et être un lecteur qui écrit autant qu'un auteur qui lit, une sorte de copiste enlumineur qui donne vie aux textes de manière à les rendre désirables.
Consacré à la littérature française du XXe siècle, ce livre de livres, sous forme de brèves chroniques, met en scène le débat solitaire des écrivains face à la condition humaine. Voici donc des auteurs qui prennent leurs distances par rapport au monde actuel, qui se penchent sur l'être humain avec inquiétude et qui évaluent ce qu'il est, ce que sont ses espoirs, ses limites, ses perspectives. En nous aidant à mieux nous comprendre, ils offrent un aperçu des grands problèmes qui animent nos sociétés, des menaces qui pèsent sur nous, des principaux changements sociaux que nous vivons. En filigrane, peut-être verra-t-on que nous traversons tout de même un moment de haute civilisation.

LIMENTINUS

Limentinus était chez les Romains un dieu qui veillait au seuil des portes (limen veut dire en latin seuil). Il pourrait aujourd'hui, dans le domaine livresque, être celui des liminaires et des préambules.
Ce Limentinus moderne serait aussi un nom approprié pour l'homme aux textes qu'est le critique. Limentinus connaît déjà divers rôles ici: on lui donne tantôt celui, protocolaire, d'annoncer ce qui arrive, tel l'ancien aboyeur; tantôt celui, fonctionnel, d'indiquer une direction, tel un guide; tantôt celui, plus didactique, d'expliquer ou d'introduire; tantôt celui, symbolique, de protéger ou de cautionner, voire d'inséminer (limen étant bien proche de l'hymen).
Mais ce Limentinus d'aujourd'hui pourrait aussi se livrer tout simplement au plaisir exclusif, et alors délicieusement "pervers ", du préliminaire. C'est à cette dernière activité qu'il se consacre surtout ici. Il se place à l'entrée et reste là, au bord des livres: il n'a pas d'autres fonctions que d'ouvrir et de commencer.
Peut-être verrait-on, avec un peu d'attention, son doigt discret pointer vers des directions d'ombre et de lumière, mais rien de plus.
« Par ici s'il vous plaît» , dit-il pour chaque oeuvre abordée. «Voici le pays de l'Éclairement. »

Critiques: 

«J'ai toujours lu Gaëtan Brulotte avec lenteur et une certaine minutie, ce qui veut dire un maximun d'attention, car sa prose va droit à l'essence des idées et des choses; de plus, elle est mobile et l'on se doit de la suivre de très près pour s'assurer de n'en rien perdre. De là, son autorité. Elle me fait penser à ces parfaites proses critiques que, dans ma jeunesse, Robert Kemp, André Rousseau, Jean Cassou et d'autres du même calibre signaient dans Les Nouvelles littéraires, Candide, Gringoire. Quels feux d'artifice qui durent toujours dans l'esprit de ceux qui les virent paraître!
Personne n'écrit de chroniques plus substantielles et au style aussi alerte. Ce que Gaëtan Brulotte nous offre dans ce livre est là pour rester. Il a su saisir les dominantes d'un grand siècle à l'extrême mouvance intellectuelle, et en tirer, pour son lecteur, les synthèse vivantes du génie français.

Clément Marchand,
de l'Académie des lettres du Québec
et de la Société royale du Canada


«La lecture est sans nul doute,avec l'amour, parmi les expériences les plus vives et les plus hautes que l'on puisse vivre», affirme Gaëtan Brulotte dans l'avant-propos des Cahiers de Limentinus. Lectures fin de siècle. (...) Gaëtan Brulotte analyse notamment le nouveau courant éthique de Christian Bobin, le culte du désespoir chez Cioran, le roman de la pensée autour de Milan Kundera, la volonté de pureté d'après Bernard-Henri Lévy et Pascal Bruckner. Puis il s'attarde à certains parcours emblématiques comme ceux de Marguerite Duras et d'Albert Camus, avant d'étudier les empreintes du Nouveau Roman, entre autres chez Nathalie Sarraute et Alain Robbe-Grillet. (...) L'ouvrage se lit très bien. Gaëtan Brulotte fait le tour de chaque auteur en quelques pages seulement. En outre, il a eu la bonne idée de placer des mots clés dans de petits créneaux, en regard du texte. Ces mots résument l'esprit des paragraphes ou des passages et mettent ainsi en valeur les différentes problématiques. Véritable «synthèse vivante du génie français»

Lise Lachance, Le Soleil, Québec, janvier 1999

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Oeuvres de Gaëtan Brulotte
Références sur Gaëtan Brulotte