LE COLLECTIONNEUR

Publié aux Éditions La Courte Échelle, 1995.

Description:

Fin avril, émoi dans la ville de Québec.

Pendant que la neige fond doucement, on vient de découvrir un autre cadavre. Un meurtrier rôde librement, en quête de nouvelles proies. La détective Maud Graham, qui rêvait pourtant d’un printemps doux et tendre, aurait bien apprécié mener une enquête plus simple. Car l’assassin ne commet jamais la moindre erreur: ces meurtres sont l’oeuvre d’un véritable professionnel, organisé et méticuleux.

À première vue, toutes ces femmes mutilées semblent avoir été choisies au hasard. Mais est-ce bien le hasard qui guide le Collectionneur? Où et quand ce psychopathe frappera-t-il de nouveau ? Et pourquoi ?

Habilement, la détective questionne et cherche à comprendre. Fière et tenace, Maud Graham n’abandonne pas, n’abandonnera jamais.

(quatrième de couverture)

 

EXTRAITS:

Graham hocha la tête; les photos aériennes pouvaient être utiles quand il s'agissait de meurtres en série. Et c'était le cas, elle n'en doutait guère. On devait ramasser le maximum d'informations sur le terrritoire de chasse de l'assassin, photographier sous tous les angles la victime. Les images aériennes, comme la vidéo qu'on devait tourner à l'instant, révéleraient peut-être certains détails quand on les comparerait aux photos du meurtre précédent. Le tueur déposait-il ses victimes dans le même genre d'endroit? Y avait-il toujours des arbres dans les environs immédiats? À quelle distance de la rue se trouvait-il? Combien de temps pouvait-il mettre à venir de la route en portant un cadavre?

-Je me demande où il l'a tuée, dit André Rouaix. Et pourquoi il a déposé le corps ici; c'est discret, sans plus.

-Je sais. Et l'assassin était déjà dans un endroit plus discret pour tuer et mutiler sa victime. Il avait besoin de temps et de calme pour la découper. Qu'est-ce qui l'a incité à la changer de place? Y a-il des témoins?

-Non, que des curieux qui ne savent rien. Pour l'instant. Trop tôt. Il y aura peut-être des voisins qui se souviendront de quelque chose. Mais rien n'est moins sûr. Les plus proches sont encore bien éloignés. La marina, c'est plutôt désert. Nos gars commencent pourtant à faire le tour du quartier.

(page 32)

 


Le Collectionneur se gara rue d'Aiguillon. Il était trop tôt pour aller à la salle de billard. Il irait déjeuner avant, lirait les journaux ; il ne doutait pas qu'on parle encore de lui. Son désir d'écrire à Graham était capricieux, il disparaissait sans raison pour ressurgir avec une grande intensité. Il aurait voulu être présent quand l'inspectrice décachetterait sa lettre. C'était impossible. S'il l'avait déjà suivie jusque chez elle, il ne s'y risquerait plus désormais. Se déciderait-il toutefois à lui envoyer une photo de Frédéric ?

Il fallait d'abord le retrouver. Il frémit en crevant les jaunes de ses oeufs avec sa fourchette; la pointe métallique numéro 16 s'enfoncerait aussi aisément dans le cou de Frédéric. Il découpa le jambon en lamelles qu'il trempa dans le jaune d'oeuf avant de les déposer sur sa rôtie au pain brun. Il mâchait très lentement, car sa mère avait toujours dit que c'était la meilleure garantie pour une bonne digestion. Il but un seul café en lisant les journaux. Les reporters n'avaient pas grand-chose à ajouter à ce qu'ils avaient annoncé la veille. Les policiers refusaient de révéler comment progressait leur enquête, mais il y avait une entrevue avec Jean Casgrain. Après s'être lamenté sur son sort, ce dernier avait confié au reporter que Maud Graham était venue plusieurs fois à son club sportif. Il ne pouvait rien révéler de leurs conversations afin de ne pas nuire à l'enquête.

Avait-il peur? avait demandé le journaliste.

Oh oui! Il connaissait peut-être le Collectionneur. Les policiers avaient promis de le protéger. Pourttant, il tenait à le répéter, il ne savait rien. Rien de rien. Ne pouvait même pas deviner. N'essayait pas. Il laissait cela aux policiers. Lui rêvait seulement que le calme -- et ses clients -- revienne au gymnase.

Pauvre Casgrain! Il ne pensait qu'à son club sportif! Un minable, un borné, un idiot. Tant mieux ; il ne pourrait rien dire sur lui aux policiers. Il aurait aimé l'appeler pour en savoir davantage sur les visites de Graham. Savoir si cette femme commençait enfin à comprendre qu'elle perdrait la partie.

(pp. 182-183)

Réalisation d'élève sur ce roman

Oeuvres de Chrystine Brouillet
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