Silence à bout portant
Poésie, Gerbes posthumes
Publié en 1999, aux éditions Triptyque .
Prix Gaston-Gouin, 1999
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Description:
Le deuil est lourd à porter. La mémoire s'obstine à déjouer nos plus subtiles stratégies de survie. Le passé engouffre le présent en une alchimie par laquelle l'intime se trouve entremêlé à toutes sortes de personnes et d'objets que l'on croyait oubliés. L'oubli s'avère au contraire une faculté toute criblée d'écrans, de miroirs, d'échos, etc.
Hélène Boissé nous entraîne ainsi du côté de l'hérédité. Puis, remontant le temps jusqu'à la rédemption souhaitée, elle fait de l'écriture le témoin ou le confident de la peine qui monte et apaise tout à la fois.
J'écris contre l'intimité de mourir
Je quitte père et mère et sans amant
presque sans désir
pour me rassembler je prends
le pouls du ciel
à ma portéeDes bribes
des lambeaux de chair entre nous
des ponts suspendus
Quatrième de couverture
Extraits:
La disparition
Le panier de la lessive était aussi vide
que les sept poubelles de la maison
les tapis nettoyés de l'intérieur
vers l'étroit
couloir
C'était
le vie à rebours
l'aspirateur avait ravalé
toutes les traces
jusqu'à la dernière porte
cet effrayant désordre de soipage 37
Il neigeait à plein lit
Et des ombres avec un pelage de loup
se faufilaient sous mon corps de laine rouge
mais j'étais saine et sauve comme avant
d'être une sans-légende
Avais-je froid avant d'écrire
étais-je déjà seule et vieille
La vie
la défendais-je tellement peu avant
qu'elle ne vide mes valisespage 55
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Oeuvres de Hélène Boissé
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