MIROIR À DEUX VISAGES
(présenté par Sophie J., Centre St-Michel de Sherbrooke)
Publié aux Éditions Pierre Tisseyre, 1981.
Description :

Miroir à deux visages, c'est pour moi l'histoire, le drame de Fannie, jeune femme qui se sent abandonnée. Elle est souffrante, stressée et une rage intérieure l'habite. Elle rencontre une autre femme avec qui elle se lie d'amitié et qui l'aidera à traverser la vie.

Critique :

J'ai beaucoup aimé ce roman. J'aime la détresse de Fannie. L'auteure nous montre comment la souffrance intérieure peut être puissante et qu'elle joue un rôle important dans notre vie. Elle nous fait faire des gestes irréfléchis, elle transforme une personnalité et nous fait douter de nos capacités. L'auteure sait bien nous décrire et nous faire sentir la souffrance de Fannie, elle se sent laide, mauvaise, impure, sale. Le journal personnel dans lequel Fannie écrit nous permet de nous transposer directement dans ses pensées, dans l'expression de ses sentiments.


Ce premier roman de Lise Blouin lui a valu le prix Esso du Cercle du Livre de France. À ce propos, Pierrette Roy de La Tribune dit : « Dans ce roman, l'auteur parle avec sensibilité et tendresse de l'amitié qui se développe entre deux femmes différentes, opposées, et le lent et difficile cheminement qu'elles vivront. » La Tribune, 7 nov. 1981

Sur le thème de l'amitié aux sources aussi mystérieuses que celles de l'amour, Lise Blouin, dans son premier roman, nous raconte une étonnante histoire.

Ces deux femmes que tout sépare -- le caractère, l'éducation, le genre de vie et même la perception du bien et du mal -- vont devenir des amies qui ne pourront plus se passer l'une de l'autre.

Pour sa part Mario Pelletier du Devoir mentionne que : « (...) ce petit roman ne manque pas de séduction; sa structure de dialogue entre le récit de Diane et le journal intime de Fannie est prenante et efficace. L'écriture est naturelle, directe et (...) passe bien la rampe. D'autre part, l'auteure explore un thème encore peu fouillé : l'amitié féminine non lesbienne.»

Le Devoir, 31 oct. 1981

En voici donc deux extraits :

« La première fois que je l'ai rencontrée, elle hurlait sa rage en plein coeur de la nuit, dans le parc Victoria, sur un plateau désaffecté après un festival. Elle jouait avec conviction la grande scène de l'abandonnée, éclairée par de petites lumières de Noël accrochées aux arbres pour la fête. J'avais entendu ses hurlements de ma chambre qui donnait sur le parc, j'avais bondi dehors en imaginant un viol. Un viol ! Enfin les statistiques que j'élaborais à ce moment-là au bureau sur les victimes de viol signifieraient plus que des chiffres couchés sur du papier. J'allais connaître ma première victime : « Tiens bon ! J'arrive ! Je suis là ! » (page 9)

« Ces deux dernières nuits, je n'avais presque pas dormi. J'avais beau trouver anarchique le comportement de cette femme, c'était le mien qui me déconcertait le plus. Je ne me reconnaissais plus. Cela me rappelait la première fois que j'étais tombée amoureuse. Complètement capotée !

Tombe-t-on en amitié comme on tombe en amour ? » (page 17)

Articles parus dans différents journaux ou revues à propos de ce roman :

 
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