TOME 11

CHRONIQUES DU PAYS MALAISÉ
Éditions Trois-Pistoles, 1996

Essai

 
Description:

Dans Écrits de jeunesse 1964/1969, Victor-Lévy Beaulieu essayait de répondre à la question: " Comment devient-on écrivain quand rien ne semble vous y autoriser? "

........... Les Chroniques du pays malaisé 1970/1979 approfondissent ce questionnement en prenant le thème du pays à bâtir comme source de toute interrogation.

On y voyage dans une grande liberté en compagnie des Amérindiens, de Gaston Miron, de Louis Riel, de Michel Garneau, de Jean-Claude Germain, de Pierre Vadeboncoeur et de Fernand Ouellette, tout en découvrant par l'étude des monographies de paroisses, une histoire du Québec différente de celle de nos manuels scolaires. Les grandes oeuvres de la littérature universelle sont également interrogées, celles de Jean-Paul Sartre, de Michel Leiris et de Virginia Woolf notamment. Mais malgré l'émergence malaisée du pays, Victor-Lévy Beaulieu nous livre aussi dans cet ouvrage quelques textes fort drôles (Comment j'ai fai patate avec mes citrouilles et Une construction qui m'a démoli) qui préfigurent un style que Pierre Foglia a rendu célèbre. Un grand voyage au pays de la réalité des mots, Chroniques du pays malaisé 1970/1979 nous brosse le portrait de toute une époque, sans compromis.

EXTRAIT:

Sur André Major

La première fois que j'ai rencontré André Major, c'est dans un atelier d'imprimerie. Jean Duceppe venait de fonder un nouveau journal, Le miroir du Québec, et Major, tout comme moi, y venait pour corriger les épreuves. À cette époque, je n'avais encore rien écrit si l'on compte pour rien les quelques articles de journaux que j'avais fait publier dans les mauvaises feuilles de Montréal. Major, lui, était déjà reconnu comme un jeune écrivain de talent: il avait publié deux livres: La chair de poule et Le cabochon et, en plus de collaborer étroitement à la revue Parti pris, il signait toutes les semaines une chronique littéraire dans le Petit journal dirigé alors par le sénile et radoteux Jean-Charles Harvey.

Dire que je n'admirais pas Major, cela serait mentir. Vu de loin, au niveau du simple lecteur, la chose littéraire prend une dimension mythique; on s'imagine mal que l'écrivain est un pauvre type comme les autres, qu'il a un visage plutôt anonyme et qu'il parle comme tout le monde. C'est Major lui-même qui me racontait qu'invité à donner une conférence devant des collégiens l'hiver dernier, ceux-ci furent tout étonnés de se rendre compte qu'il était un jeune homme à peine plus âgé qu'eux. Avant de faire sa connaissance, ils avaient l'impression qu'ils rencontreraient un petit vieux bonhomme perclus de rhumatisme. C'est pour vous dire.

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