LE VOYAGEUR À SIX ROUES

Publié aux Éditions Libre Expression, 1991

Description:

 
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Ce roman est le neuvième de l'auteur qui nous entraîne dans non pas un mais deux voyages pour faire le tour des États-Unis.

Banal le voyage de Bernard Cossette parti faire le tour des États-Unis avec une caravane par un matin pluvieux du mois d'août? Pas longtemps. La promenade touristique de ce jeune retraité se transforme soudain en une véritable course...à la mort. Est-ce à cause de l'ingénieuse Alice Brodeur si vite disparue? Est-ce la faute de Sébastien Mauro, ce vagabond décidément trop heureux? À moins que l'imagination torturée de Bernard finisse par lui jouer des tours...

Chose certaine, le romancier n'a pas ménagé son héros, ni son destin qu'il nous révèle à travers cet étonnant «roman de la route», à la fois journal intime, récit de voyage, thriller et roman policier. Le tout doublé d'un documentaire sur une Amérique dont les mille et une violences finissent par déteindre même sur le plus innocent des voyageurs.

 

Critique:

«Le génie de Barcelo, c'est de faire en sorte qu'on ne se lasse pas des mésaventures de son personnage... toujours prêt à tomber en amour et à se prendre les pieds dans des pièges impossibles.»

(Marie-Claude Fortin, Voir)

 

Extraits:

         On peut lire le premier chapitre dans les pages du site de l'auteur.
 
"Pendant des années, j'ai rêvé à cette journée, et j'ai passé des mois à la préparer. Mais rien ne s'est passé comme je l'avais prévu -- ni, à plus forte raison, comme je l'avais souhaité.
Pour commencer, une pluie fine s'est mise à tomber au moment précis où je plaçais sur le siège du passager, dans la voiture, la glacière contenant une boîte de thé glacé et deux sandwiches.
Puis lorsque j'ai fait le tour de mon équipage pour m'assurer que tout était en ordre, j'ai constaté que les deux pneus de la cartavane étaient à plat...

page 7

Il était huit heures passées lorsque je me suis enfin mis en route, moi qui avais prévu de partir à six heures et demie. La pluie avait cessé. Cela m'a semblé de bon augure et m'a remonté le moral. Mais, dès que j'ai emprunté le pont Champlain, elle s'est mise à tomber de plus belle....

page 8

J'ai fait une pause à une halte routière. Assis à la table de la caravane, j'ai avalé mes deux sandwiches en consultant mon atlas des États-Unis. J'ai décidé de viser directement la côte du Maine, où il risque de faire moins froid, pour remonter ensuite jusqu'à la frontière canadienne, et reprendre alors le reste de l'itinéraire que je  me suis fixé depuis des mois: suivre les côtes jusqu'à la frontière du Mexique, que je longerai jusqu'en Californie; de là, je suivrai la côte du Pacifique jusqu'à Seatle, pour revenir à Montréal en serrant au plus près la frontière canadienne.
Bref, je me propose de faire le tour des États-unis d'Amérique dans le sens des aiguilles d'une montre, à partir de Montréal.

page 9


À quelques reprises, je me suis assis devant un des deux ordinateurs que j'ai emportés  un petit, portatif, pour travailler dehors ou dans les campings dépourvus d'électricité, et un autre, plus gros et plus puissant, ne fonctionnant que sur le secteur mais me permettant plus aisément de corriger mes textes.
J'ai déjà écrit quatre romans. Pas trop mauvais, s'il faut en croire les critiques. invendables, s'il faut plutôt  faire confiance aux rapports de vente de mes éditeurs. Depuis plusieurs années, je me promettais de prendre ma retraite en tant que rédacteur publicitaire et de ne rien faire d'autre qu'écrire des romans. Excellents, ceux-là, puisque je pourrais désormais m'y consacrer pleinement. Mais, pendant ces jours tranquilles à Chincoteague, je constate que je suis incapable d'écrire une ligne de roman, maintenant que j'ai tout mon temps, tandis qu'auparavant j'arrivais souvent à pondre plusieurs pages après une journée entière  consacrée à mes textes de nature alimentaire.

page17


Sur la route qui longe la plage en direction du pont reliant l'île au continent, j'ai aperçu la silhouette d'un auto-stoppeur. Je n'en avais encore jamais pris avec moi. Je ne me souvenais même pas d'en avoir vu comme si on n'avait en Amérique qu'une alternative: posséder une voiture ou rester chez soi.
C'était un homme de taille moyenne, à la barbe grisonnante, avec un sac sur le dos et une mallette de toile à ses pieds. Il semblait relativement propre et parfaitement inoffensif.
Je me suis arrêté et lui ai fait signe de monter à l'arrière, car le siège avant était encombré de cartes et de guides de voyage. Je lui ai demandé où il allait.
-De préférence vers l'ouest, m'a-t-il répondu en anglais. Mais ça n'a pas tellement d'importance.
L'homme parlait un anglais hésitant, avec un accent évident. Il prononçait les «th» comme des «z», à la manière des Français.
-D'où êtes-vous?
-Je suis né en France, mais je vis au Canada depuis longtemps!
Je l'ai regardé plus attentivement, dans le rétroviseur. J'avais déjà vu ce type-là quelque part.
-On se connaît? ai-je encore demandé, en français cette fois.
Je me suis efforcé de tourner un peu la tête tout en gardant le coin des yeux sur la route. Mon passager avança la sienne par-dessur le dossier pour mieux me voir, lui aussi.
-Mauro!
Il y avait une bonne dizaine d'années que j'avais perdu de vue Sébastien Mauro.

page 87 - 88

 

 

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