Moi, les parapluies...
Roman publié aux Éditions Libre Expression, dans
la collection ficitons, 1994
Série noire des Éditions Gallimard, à venir printemps 1999
Description:

Ce douzième roman de
l'auteur est peut-être le plus cruel et le plus tendre, le plus grave et le plus léger.
Vous avez dix ans, au
début des années soixante, par un dimanche triste et pluvieux, on vous oblige à aller
voir votre grand-mère qui se meurt à l'hôpital. Pendant que vous êtes dans les
toilettes de sa chambre, quelqu'un d'autre assassine la moribonde à coups de parapluie.
Mais c'est vous que le juge déclare coupable. Comment réagissez-vous? Sûrement pas
comme Normand Bazinet, qui se contente de répéter sa devise: «Ça me dérange pas.» Et
qui finira par retourner dans sa famille, en espérant oublier le passé et échapper à
la violence. Ce ne sera pas si facile. Parce que, même s'il fuit les parapluies comme la
peste, les gens continuent à mourir comme des mouches autour de lui...(quatrième
de couverture)
Critique:
«Dès les premières
pages, on sait qu'on ne lâchera pas ce livre avant de l'avoir terminé.»
Gilles Crevier, Le Journal de Montréal
EXTRAIT:
Lecture du premier chapitre sur le
site de l'auteur François Barcelo.
«Bonne fête, Ti-Cul...! Bonne fête, Ti-Cul...!»Ma mère prend son air de femme battue même si je ne crois
pas qu'elle l'ait jamais été. Elle ne supporte tout simplement pas d'entendre le surnom
que m'a donné mon frère. Mais la voix juvénile et entrousiate de Serge submerge
facilement la sienne.
Pire: pour la fin de la chanson, mon père abandonne
son silence quasiment perpétuel en même temps que mon vrai prénom et décide de joindre
sa voix à la partie la plus tonitruante du choeur:
«Bonne fête, bonne fê-ê-ê-te, bonne fête,
Ti-Cul!»
Je ne serais pas étonné que ma mère lui ait
lancé sous la table un coup de pied dans le tibia, parce qu'il la regarde avec son oeil
souffreteux. Mes parents jouent souvent, tous les deux, à celui qui aura l'air le plus
malheureux. Et j'aurais bien du mal à décider lequel mérite le titre de Martyr suprême
de la famille Bazinet. De toute façon, ça m'est égal qu'on m'appelle Ti-Cul ou Normand.
Alors, je dis:
-Ça me dérange pas.
Par-dessus le marché, ce n'est même pas mon
anniversaire aujourd'hui. C'est vendredi prochain. mais mon grand-père et ma grand-mère
paternels sont très malades, et ma mère, hier, a suggéré: «Y a bien des chances qu'il
y en ait un qui meure cette semaine, ça fait qu'on devrait fêter le petit dimanche, sans
ça peut-être qu'on pourra pas le fêter après.»
Je souffle les bougies. je les éteins toutes d'un
seul coup.
-T'as-tu fait un voeu? demande Serge.
-Non
-Trop tard.
-Ça ,me dérange pas.
pages 9 - 10

Oeuvres de François Barcelo
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Références sur François Barcelo