Dans ce septième roman de François Barcelo, vous retrouverez l'humour de Nulle part au Texas, le suspense de Plaines à l'envers et les
rebondissements follement imprévisibles d'Agénor, Agénor,
Agénor et Agénor. Et vous découvrirez un écivain plus virtuose que jamais, capable
de passer sans avertissement du rire aux larmes et de la tendresse la plus touchante à la
méchanceté la plus gratuite.
Dans un village du bas du fleuve, un vieillard à la vue basse et une jeune punk
à la coiffure multicolore affirment qu'une statue de la Sainte Vierge leur a
montré...son postérieur. Il n'en faut pas plus pour que convergent sur
Notre-Dame-des-Roses des croyants devenus sceptiques ainsi que des agnostiques prêts à
tout croire. Et la statue insolente fera bientôt parler d'elle à Ottawa, au Vatican et
à la Maison Blanche.
Satire mordante doublée d'une intrigue policière captivante. Je vous ai vue
Marie utilise comme toile de fond les préoccupations actuelles de la société
québécoise: guerre de l'avortement, triste sort des aînés, impuissance de la police,
violence généralisée, omniprésence des médias, sexualité débridée chez les uns et
frustrée chez les autres.
EXTRAIT:
On peut lire le premier chapitre de ce roman
à l'adresse du site de l'auteur François Barcelo.
À Notre-Dame-des-Roses, Coco Langlais gara la
camionnette où elle l'avait prise plus tôt. Ils durent partager le seul plat que la
cuisine pouvait leur réchauffer à cette heure; un restant de pâté chinois. (Agaric
Meunier s'était vu servir la même, sous prétexte que les journalistes étaient presque
tous partis, et l'avait trouvé détestable; il avait à peine touché à sa portion, que
l'on put ainsi servir de nouveau.)
Après le dessert, un pouding du chômeur
détrempé, ils montèrent ensemble l'escalier.
-Tu peux dormir dans ma chambre, si tu veux, offrit
Coco Langlais.
Martial Bergevin avait complètement oublié qu'il
n'avait plus de chambre.
-Ah, tu es gentille. tu téléphoneras pas trop
longtemps?
-Non, de toute façon, il est tard.
Elle le lui prouva en s'endormant sitôt au lit.
Dans l'obscurité, Martial Bergevin s'efforça de réfléchir aux derniers événements.
ainsi, un chef de file du groupement Vive la vie avait acheté une statue de
Notre-Dame-des-Roses. Un des dirigeants du Front laïc avait fait de même. Un mystérieux
Rosaire Desrosiers aussi. Une de ces trois personnes avait mis sa sculpture à la place de
l'originale. Laquelle?
C'est alors que la solution du problème lui sauta
aux yeux. Une de ces trois personnes avait remplacé la statue originale par une nouvelle.
Puis une deuxième était venue remplacer la nouvelle statue par une autre nouvelle. Et un
troisième individu avait fait de même.
Chacune de ces personnes croyait donc être en
possession de la vraie statue prétendument miraculeuse. Mais une seule la possédait
réellement: la première à avoir fait la substitution.
Il sourit à la pensée que deux de ces personnes
avaient entre les mains une statue incapable du moindre miracle. Puis il se rappela qu'il
était convaincu que même la première des statues n'avait rien de miraculeux, elle non
plus.
Mais qui était passé le premier? Et surtout qui
était ce mystérieux Rosaire Desrosiers dont le nom lui disait quelque chose sans qu'il
pût dire quoi?
Il parvint à s'endormir, malgré une érection qui
ne le lâchait pas depuis qu'il avait imaginé Coco Langlais en caryatide. Mais quelques
instants plus tard, il s'éveilla, comme si un songe lui avait rappelé l'endroit où il
avait vu le nom de Rosaire Desrosiers.
Il se leva, s'habilla, courut jusqu'au parc
Notre-Dame-des-Roses, craqua une allumette et s'assura que le nom de Rosaire Desrosiers
était bien celui du donateur de la statue.
- Pourquoi, se demanda -t-il, quelqu'un qui a donné
une statue aurait-il envie de la reprendre trente-deux ans plus tard?
Retourné au lit, il échafauda une bonne dizaine
d'hypothèses farfelues et finit par s'endormir sans en croire aucune.