DEUX PETITS OURS AU MILIEU DE LA TORNADE

Roman jeunesse
Collection Drame, publié aux Éditions Vents d'Ouest, 1999
12 ans et +, 168 pages

FINALISTE AU PRIX LITTÉRAIRE M.CHRISTIE 1999 et 2000.

 

Description :



Sylvia Chenette est enseignante en arts plastiques à la Polyvalente Dubreuil. Elle est surtout la mère de Bertrand, dix-huit ans, qui est atteint de déficience intellectuelle. Un jour, une tante leur laisse en héritage sa maison de Rockstown. Sylvia décide de laisser son travail et d'aller habiter cette villa pour être près de son fils. Surviennent alors Bijou, une autre déficiente, et Paul Simard, son père, qui viendront mettre du piquant dans leur existence trop calme. Puis, il y a ces expériences américaines au sujet des tornades qui bouleverseront les deux jeunes gens. Deux ours au milieu de la tornade. Leurs parents devront choisir: la Connaissance ou la Mort. Voici un roman dans lequel nous apprenons que l'amour n'a pas de frontières, que les extraterrestres existent bel et bien et que même les ours peuvent voler.

 

Extrait :

« Au bout de vingt minutes à peine, nous perçûmes un froissement dans la petite cuisine d'été. Puis, Bertrand se présenta avec un large sourire en poussant devant lui une étrange jeune femme d'à peu près vingt-cinq ans. Elle avait un regard un peu perdu mais un sourire si désopilant que je me levai et allai vers elle. Je lui tendis une main secourable comme si elle était en danger. Bertrand m'annonça la plus grande nouvelle de toute sa vie:
- Maman, c'est Bijou! Nous allons nous marier demain dans les marguerites. Puis, avant même que je puisse réagir, il ajouta:
- On a mangé tous ses petits oursons en gelée. Elle en avait un gros sac comme ça! Mais on a faim quand même, hein Bijou?
- Oui, on a faim quand même.
Mes invités étaient estomaqués. Et moi, je ne savais plus quoi dire. Il était arrivé souvent que Bertrand m'amène une fillette de son âge pour le souper.
Il en avait épousé des dizaines lorsqu'il fréquentait l'école La Roseraie. Mais c'était la première fois que mon fils, un grand gars qui avait la stature d'un joueur de football, me présentait une jeune femme plus âgée que lui. (...) Une grande tristesse nous envahit tous. Bijou avait, elle aussi, de la brume dans la tête. Une bien jolie tête d'ailleurs, mais avec le même regard qui interrogeait la vie, comme celui de Bertrand. »(p.46)

 

Critique :

« Le merveilleux indicible Il y a de ces livres qui vous chavirent le coeur. De ces livres qui vous ébranlent et qui vous font voir la vie autrement, l'espace de quelques heures. De ces livres qui vous donnent envie d'être gentil, d'aimer vos semblables et d'arrêter votre monde fou de tourner. DEUX PETITS OURS AU MILIEU DE LA TORNADE est de ceux-là. Mais comment exprimer la beauté de cette histoire? Comment évoquer toute la tendresse échangée entre les personnages? Comment rendre compte, dans un si petit espace, de ces êtres si authentiques et si différents? Car ce n'est pas dans tous les romans que l'on rencontre des déficients mentaux. Ce n'est pas dans tous les romans qu'on nous présente une telle profondeur de réflexion. Ce n'est pas dans tous les romans que se tissent de grandes histoires d'amour sur léger fond de science-fiction. Ce n'est que dans ce roman de Francine Allard que l'on peut entendre un si merveilleux «mouman!».

Nathalie Ferraris
Ici Montréal, 18 novembre 1999

 

 
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