« Un après-midi de printemps, alors qu'apparaissaient de longues stries de terre noire dans les champs enneigés, que la sève gonflait les veinures des érables et que Marie-Marthe se remettait à chanter entre deux coups de balai, Simone vint rencontrer Éloise dans l'ancienne écurie à la chaux lézardée. Cet endroit, éloigné de la maison, avait abrité les vieux percherons du grand-père. Des dizaines de juments y avaient pouliné et on pouvait encore apercevoir les guêtres, les muselières et quelques mangeoires qui avaient jadis servi à l'élevage des Haflingers d'Octave Hébert. Plus que des compagnes de classe, Simone et Éloise étaient d'inséparables amies. Voisines depuis toujours, elles auraient accepté de mourir l'une pour l'autre s'il avait fallu.» ( page 17)