Plaisirs coupables

Publié aux Éditions Guzzi, 2000

Description :

Submergé par l'ambivalence, Nicolas, jeune homme dans la trentaine, fuit sa femme et sa fille pour se réfugier dans les rues peu recommandables de Montréal. Tiraillé par un profond mal-être, il tente diverses expériences pour guérir cette insoutenable souffrance. Mais la boisson, la drogue, l'adhésion à une secte l'éloigneront encore davantage de son but. Comment reconnaître sa véritable identité alors que la société le pousse constamment vers la norme? La relation avec une prostituée lui ouvrira les yeux; les intervenants qui le conseilleront lors de sa cure de désintoxication lui insuffleront le courage nécessaire pour accéder à la réalité de son intégrité. Aura-t-il la force d'en porter la responsabilité? Combat, lutte, chute et rechute le confronteront à un choix: mourir à lui-même pour sauvegarder une image acceptée de tous ou vivre et jouer du coude pour prendre sa place? De surprenantes révélations lui seront apportées par l'intermédiaire de ses rêves. Manon Robert, à travers son troisième roman Plaisirs coupables, aborde l'homosexualité dans sa dimension humaine plutôt que d'exploiter les clichés à saveur sexuelle.

 


Extrait :

 

«...Papa, où es-tu? Tu te caches derrière toutes ces couches de nuages, derrière les tempêtes de neige, les orages et les tornades qui font rage en moi. Pourquoi m'as-tu abandonné? Réponds-moi. J'ai besoin de savoir pourquoi tu n'es pas resté à mes côtés. Je me suis morfondu, seul, avec mes deux frères et maman qui ne me comprenaient pas. Ils se moquaient de moi. Je n'avais plus personne à qui me rallier, m'idendifier. Mon modèle était mort et enterré. Papa, c'est de ta faute si je ne suis pas un homme à part entière. Je n'ai pas eu le temps d'apprendre à te ressembler et je ne voulais pas un autre modèle.
Tu m'as manqué, comprends-tu cela? Entends-tu au moins ou préfères-tu jouer au sourd? Tu ne m'as jamais envoyé le moindre signe que tu veillais sur moi du haut de ton ciel où tu ffais la grosse vie pendant que j'en bave sur la mienne. Si tu n'étais pas parti, je n'aurais pas eu à chercher refuge dans la boisson et les drogues, je n'aurais pas eu besoin d'engendrer un fils, je n'aurais pas eu besoin de me prouver que j'étais un homme parce que j'en serais un. Tu as fait le plus beau gâchis en me laissant seul si vite. Tu as laissé derrière toi une oeuvre inachevée : moi.
Tu me manques, papa, tu me manques cruellement. Donne-moi un signe. Je t'en prie, j'ai besoin de toi...»
 
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Oeuvres de Manon Robert